Édition
Nouvelle parution
Pierre Magnier, un homme selon

Pierre Magnier, un homme selon

Publié le par Marc Escola

L’œuvre poétique de Pierre Magnier est une découverte. Après une quarantaine d’années de silence et d’écriture et quelques rares textes publiés dans des revues. Ce volume est donc la première édition des textes de Pierre Magnier qui tient à présenter son livre par cette citation de Paul Valéry : « Il faudrait peut-être définir la Poésie par les poètes, et à partir de poètes ; et la Musique par le musicien et ainsi de tous les arts. On trouverait alors que la Poésie serait ce qui est cherché par un homme qui… comme on définit le pôle magnétique par les directions de l’aiguille. » (Paul Valéry – feuillet 3 – Cahier 203)

un homme selon tente de rassembler « ce qui est cherché par un homme qui… » Composé de livres écrits entre janvier 2012 et juin 2017, c’est un ouvrage en dix parties, dont un prologue et une cadence. Chaque partie est écrite en écho avec les autres permettant une sorte de mémoire vive du poème. C’est ainsi un grand livre sur la condition humaine, à travers une écriture attentive aux détails les plus secrets, parfois invisibles, d’une existence. Pierre Magnier témoigne d’un souci extrême pour la musique du langage (avec une révélation quand il entend pour la première fois un texte de Tchekhov et se souvient quarante ans plus tard de la voix des comédiens). Il tente différentes formes du poème, du vers avec une plasticité étonnante au service de l’émotion, de l’écoute. C’est une poésie volontiers narrative, voire autobiographique, qui met en scène de façon bouleversante la voix du poète, son humiliation, sa détresse et son entêtement.

« – Vous disiez qu’il avait quitté le lycée anéanti.
– Oui, il s’est laissé dériver dans le travail, pour subvenir. C’était fini. Ce qui constituait son monde a disparu avec nous.
– Même la musique ?
– Adulte, c’est une insensibilité de la main droite qui l’a contraint à l’abandon du piano. La vélocité et la mémoire n’ont plus suivi. Il s’est résigné à la poésie faute de mieux. »